Archives par mot-clé : MARIA POURCHET

DÉCAPAGE N°69

Abonnement découverte 16 euros

N°69 Été Automne 2024

Les chroniques

L’Interview imaginaire
François Nourissier
Retour sur une vie en littérature.
Regard
Louis Calaferte, la pesanteur et la grâce d’un solitaire intempestif par Jérôme Bertrand
Postures (et impostures) de l’homme de lettres
Jean-François Kierzkowski
Écrire des guides d’écriture.
Notes et propos
Patrice Jean
L’écrivain en représentation.

Le dossier thématique

« Défense et illustration de la nouvelle »

Il se murmure que les éditeurs français rechignent à publier des nouvelles : les lecteurs n’en voudraient pas. Malgré tout, chaque année, paraissent plusieurs recueils d’auteurs connus dont on rassemble des textes publiés en revues ou ailleurs et quelques inédits ; d’auteurs inconnus qui font ainsi leur entrée en littérature.

Mais il suffit de quelques noms – Raymond Carver, Joseph Conrad, Alice Munro, Anton Tchekhov, Marcel Aymé, Annie Saumont… – pour se rendre compte que la nouvelle est loin d’être un genre mineur. Ces courts morceaux (de bravoure) épatent parfois bien plus qu’une grande fresque romanesque.
Nouvelles, fragments et autres formes brèves… des écrivains reviennent sur ces genres pas toujours aimés du (grand) public mais qu’on retrouve dans les bibliothèques et les bibliographies des écrivains.

Avec :
Arnaud Cathrine, Belinda Cannone, Bernard Quiriny,
Cécile Villaumé, Christophe Langlois, Colombe Boncenne,
David Thomas, Erwan Desplanques, Guillaume Sire, Julia Kerninon, Maria Pourchet, Mark Greene, Mélanie Sadler, Mustapha Fahmi, Nathalie Kuperman, Nicolas Bouyssi, Raphaël Rupert, Véronique Ovaldé, Vincent Ravalec, Xabi Molia, Yves Ravey.

Et les apparitions des éditeurs suivants : David Vincent,
Dominique Gaultier, Frédéric Brument, Guillaume Allary,
Olivier Cohen, Olivier Salaün.
Et les participations, malgré eux, d’Alice Munro, Charles Bukowski,
Edgar Allan Poe, Italo Calvino, James Salter, John Cheever,
Raymond Carver, William Somerset Maugham…

La Panoplie littéraire

© Baudouin, 2024.

Entre deux projets, Éric Reinhardt s’est posé chez lui, pour coucher sur le papier sa Panoplie littéraire et revenir sur ses inspirations, ses aspirations et son parcours d’écrivain.

Créations

Décapage n°67


Abonnement Découverte N°67


Parution le 17 mai 2023

Les Chroniques

Le Journal littéraire
Laurent Quintreau
Regard
Aymeric Patricot
Professeur-écrivain : sacrée double casquette !
L’Interview imaginaire
Colette nous reçoit route des Canoubiers, à Saint-Tropez.
La Pause 
Alban Perinet et Jean-Baptiste Gendarme ont lu la biographie de Georges Lambrichs d’Arnaud Villanova
Posture (et imposture) de l’homme de lettres
Jean-François Kierzkowski
Leçon de séduction à l’usage des auteurs et de leurs éditeurs.
Notes et propos
Patrice Jean
Contre les ateliers d’écriture.
Et moi, je vous en pose des questions ?
Nicolas Fargues
Presque tout savoir sur l’auteur en moins d’une minute, montre en main

Ajoutez votre titre ici

Le dossier thématique

« Le livre que je ne pensais
pas écrire »

Les journalistes l’ont mentionné et il l’a dit lui-même : son ambition était
d’écrire « un petit livre souriant et subtil sur le yoga ». Au final, Emmanuel Carrère a raconté son combat contre la dépression. Le roman s’appelle quand même Yoga (Éditions POL, 2020).
Parfois, on commence un projet avec une idée précise en tête et au fil de l’écriture on découvre que c’est un autre livre qui est en train de naître.
Peut-on tout prévoir ? Comment on tient le fil de son histoire ? Comment on commence et comment on termine ? Comment s’écrit un roman ?
Douze écrivains reviennent sur l’imprévisibilité de la création et évoquent ce livre qui ne ressemble pas du tout à l’idée qu’ils en avaient avant de le commencer.

Cécile Ladjali
Claro
François-Henri Désérable
Karine Tuil
Mark Greene
Maria Pourchet
Patrick Autréaux
Salim Bachi
Raphaël Meltz
Valentin Retz
Valérie Zénatti
Yves Ravey

La Panoplie littéraire

Dès l’âge de sept ans, Catherine Cusset a su qu’elle voulait devenir écrivain, elle a fait des études littéraires et une thèse sur Sade – elle a enseigné la littérature du XVIIIe siècle à l’Université de Yale pendant douze ans –, son premier texte a trouvé une place dans la revue de Philippe Sollers, L’Infini, à l’été 1986. Son premier roman, La Blouse romaine, viendra quatre ans plus tard : elle n’a que 27 ans.

Depuis, Catherine Cusset qu’on associe souvent – et un peu trop rapidement – à l’autofiction a écrit 17 livres, qu’elle classe en « romans autobiographiques », « autofictions »,
« vrais romans » et « romans vrais ». À chaque fois, on trouve la même quête de la vérité émotionnelle : le désir permanent de saisir l’âme humaine au plus près, de creuser les rapports intimes, sans jugement.
Livre après livre, on est toujours autant séduit par son efficacité narrative, son sens de la mise en scène, son écriture au cordeau, et ce regard qui fait mouche quand il s’agit d’épingler la complexité des sentiments.
Catherine Cusset invite nos lecteurs à se glisser dans les coulisses de son travail d’écrivain.

Illustration d’Elise Jeanniot pour la nouvelle d’Alexis Ferro

Créations

Alexis Ferro
L’Italie à mes pieds – Partie III, Assise.
Histoire en trois parties illustrée par Élise Jeanniot
Patrice Pluyette
Tu ne te conformeras point à ce monde qui t’entoure
Nouvelle illustrée par Boll
Jean-François Santolini
Victor Plumel
Nouvelle illustrée par Maya Brudieux


Abonnement Découverte N°67


Décapage N°66

Abonnement découverte N°66

Parution : 19 octobre 2022

Les chroniques

Le Journal littéraire
Arnaud Dudek
Regards
Le boomerang de la réalité
Mathieu Simonet
L’Interview imaginaire
Jules Renard
La Pause
Alban Perinet et Jean-Baptiste Gendarme
Posture (et imposture) de l’homme de lettres
Jean-François Kierzkowski
Et moi, je vous en pose des questions ?
Miguel Bonnefoy
L’Air Vilain
Philippe Vilain
Une autre histoire de la littérature
Notes et propos
Patrice Jean

Thématique : "De la page à la scène"

Paul Valéry note, en 1931, « Écrire, c’est entrer en scène. Il ne faut pas que l’auteur proclame qu’il n’est pas comédien. On n’y échappe pas. » Il est peu probable que Valéry pensait aux nombreux festivals et autres scènes littéraires qui se multiplient partout sur le territoire et occupent de nombreux écrivains le week-end. Concerts littéraires, lectures musicales, performances… De plus en plus d’écrivains quittent ainsi la tour d’ivoire pour fouler les planches et aller à la rencontre de publics qui excèdent leurs seuls lecteurs.
Comment s’improvise-t-on « acteur »  le temps d’une soirée ou d’une tournée. Ou pourquoi, au contraire, refuse-t-on l’exercice ?
À travers ce thème, des auteurs questionnent ce moment où la littérature sort du livre, se déploie autrement, se confronte à d’autres pratiques artistiques. Ou,
au contraire, ils racontent pourquoi ils refusent la performance, à l’instar d’Henri Michaux qui disait : « Ceux qui veulent me voir n’ont qu’à me lire, mon vrai visage est dans mes livres. »
Avec :
Arnaud Cathrine
Blandine Rinkel
Carole Fives
Clément Bénech
Gaëlle Obiégly
Maria Pourchet
Nathalie Kuperman
Philippe Jaenada
Valentine Goby
Et les apparitions de Marie Nimier et Yves Ravey.

La Panoplie Littéraire

Jakuta Alikavazovic par Baudouin, 2022

L’auteure de Comme un ciel en nous (Prix Médicis 2021) raconte son parcours de lectrice, évoque les écrivains et les livres qui comptent et revient sur ses romans – mais ne dit rien sur le prochain : « Je suis à ce stade de l’écriture où il serait tabou de dire quoi que ce soit du travail en cours. »

Créations

Alexis Ferro
L’Italie à mes pieds – Partie II, Venise.
Histoire en trois parties illustrée par Élise Jeanniot

Patrice Pluyette
Trois jours sans parler
Nouvelle illustrée par Elis Wilk

Robert Benchley
L’appât de la canne à pêche
Une courte nouvelle traduite de l’anglais (États-Unis)
par Frédéric Brument et illustrée par Floriane Ricard

Gérard Berréby
Vie désordonnée
Dix poèmes illustrés par l’auteur

Abonnement découverte N°66

16 euros (frais de port offert)

Feu de Maria Pourchet, Fayard, 2021

Depuis son premier roman – Avancer, 2012, Gallimard – nous suivons avec attention et enthousiasme le travail de Maria Pourchet. Nous avons déjà signalé dans nos pages son humour, son regard sur le monde, ses habiles constructions narratives, la fougue de ses phrases et ses trouvailles stylistiques. Ça n’aura échappé à personne, Maria Pourchet publie son nouveau roman dans cette rentrée littéraire (Feu, Fayard).

Une fois encore, c’est une très grande réussite. Sur une histoire apparemment banale, elle parvient, grâce à la flamboyance de son écriture, un véritable tour de force. L’histoire est simple, donc : Laure, professeur d’université, s’ennuie dans son couple et dans son rôle de mère. Elle est à un moment de sa vie où elle aurait bien envie de tout envoyer valser (40 ans). Elle rencontre Clément, 50 ans, célibataire, qui, lui, s’ennuie dans son boulot (la finance). Homme sans illusion, son quotidien est d’une morosité absolue – il vit avec un chien, prénommé Papa à qui il détaille ses journées et confie les élans de son cœur. Entre Laure et Clément va brûler une passion ardente. Clément prévient, provoquant : « Attention Laure, on peut tomber amoureuse comme on devient de droite, comme ils devenaient nazis. Par mégarde. Sur un malentendu, une histoire de cul au bon endroit, la sonate numéro 23 au bon moment. » Une simple question de désir ? De moment ? Une envie de se sentir vivant dans les yeux de l’autre, dans ses bras. Alors qu’elle retourne vers sa vie de famille après une après-midi d’amour, Laure s’étonne : « Tu ne peux pas croire que Clément, son Alfa encore à deux cents et sa main et ses lèvres ne se voient pas dans tes yeux. » Comment ne pas voir la passion qui consume Laure de l’intérieur ?

On lit ce roman comme on court pour échapper aux flammes, à
bout de souffle. Les phrases cavalcadent, on imagine que les mots brûlaient les
doigts de Maria Pourchet. Quand les scènes s’allongent, c’est aussi sublime qu’un
voyage à Sienne avec sa maîtresse ou son amant (on n’a pas essayé). Autre
moment de grâce : les rapports entre Laure et sa fille aînée, Véra, adolescente
qui fait tout pour agacer son monde – en particulier sa mère qui a pourtant la
tête ailleurs.

Grand coup de cœur pour ce coup de Feu !

Retrouver aussi Le Journal littéraire de Maria Pourchet dans le numéro à paraître en octobre.

Recevez en avant-première ce numéro en vous abonnant dès aujourd’hui à la revue sur le site : ici.

Numéro 64 octobre 2021

PARUTION FIN OCTOBRE 2021

 

Les Chroniques

Le Journal littéraireMaria Pourchet
Le début de l’été avec l’auteure de Feu.
Regards
Pourquoi persister ?
Dan Nisand se demande pourquoi écrire.
Un saut chez Ricciotti
Une rencontre sous le soleil menée par Julien Battesti
L’Interview imaginaire  Henry David Thoreau
Une discussion nature avec l’auteur de La Désobéissance civile et Walden.
Posture (et imposture) de l’homme de lettres  Jean-François Kierzkowski
Faut-il devenir sexy ?
L’Air Vilain • Philippe Vilain
Avoir un bon sujet
Et moi, je vous en pose des questions ?Jean-Baptiste Del Amo
Tout savoir sur l’auteur en moins d’une minute, montre en main

 

 

Les réseaux sociaux et moi!

En France, comme à l’étranger, on peut suivre son écrivain préféré sur les réseaux sociaux, lui envoyer un message, se lancer dans une grande conversation sans aller le rencontrer en librairie (ni même lire son livre), suivre son travail en cours et voir ses photos de vacances ou son dernier coup de coeur théâtre.
Fini l’écrivain dans sa tour d’ivoire qui attend l’inspiration ?
Pas si sûr. Si certains s’exposent sur les réseaux, s’en servent pour faire la promotion, pour échanger avec leurs lecteurs, ou pour expérimenter une forme de création, d’autres ne sont pas présents sur la Toile – ou ont pris la décision radicale de fermer leurs comptes.
Les réseaux sociaux : simple occupation, façon de meubler les temps morts, fenêtre sur l’époque, mise en scène de soi, véritable addiction ?
15 écrivains reviennent sur ce que la pratique – ou l’observation – des réseaux sociaux leur inspire.

Avec :
Blandine Rinkel,
Carole Fives,

Denis Michelis,
François-Henri Désérable,
Julia Kerninon,
Laurent Sagalovitsch,
Lisa Balavoine,
Marc Pautrel,

Olivier Liron,
Patrice Pluyette,

Pauline Delabroy-Allard,
Raphaël Meltz,
Thomas Vinau,

Valérie Zenatti,
Yves Pagès.

La Panoplie littéraire
Marie-Hélène Lafon

Entrée en littérature sur le tard, elle a petit à petit imposé sa voix. Dans le JDD (en 2016), Bernard Pivot : « L’écriture de Marie-Hélène Lafon est dure. Tenue, acérée, impitoyable. Mais aussi visuelle, sensuelle, avec, comme dans le regard des femmes, des éclairs de cruauté et de compassion. » Marianne Payot dans L’Express (2020) :
« Aucune graisse mais beaucoup de chair » dans ses textes. Les personnages de ses romans vivent en nous, comme les membres de notre famille qu’on ne fréquente plus mais à qui on continue de penser. Ses lecteurs se reconnaissent entre eux et dans ses livres. Beaucoup lui écrivent de longues lettres, bouleversés par ses romans. Marie-Hélène Lafon sait ce qu’elle doit à chaque lecteur et aussi aux libraires.
Pour tous, elle dresse sa Panoplie en toutes lettres, de A à Z.

© BAUDOUIN

Création

Erwan Desplanques
L’homme debout
Une nouvelle illustrée par Jean-Rémy Papleux
Georges Picard
L’intellectualité arrogante
Une nouvelle illustrée par Élise Jeanniot
Guillaume Tavard
C’est plus simple comme ça
Une nouvelle illustrée par Maya Brudieux

Abonnement découverte : n°64, 16 euros

Abonnement trois numéros (64 + année 2022) : 45 euros

NUMÉRO 60

Numéro épuisé

Chroniques

Le Journal littéraire
Erwan Desplanques
Une saison avec l’auteur de L’Amérique derrière moi.
Regards
#1 Le Paris de Jean Echenoz
Une exploration dessinée de Guy Delisle
#2 L’Intelligence du romancier
Une démonstration de Clément Benech
#3 Comment j’écris
Une explication dYves Ravey
La Pause
Alban Perinet et Jean-Baptiste Gendarme
À vos idoles
Colombe Boncenne
La bibliothèque des idoles
L’Interview imaginaire
Une heure avec Charles Bukowski par Romain Monnery
Posture (et imposture) de l’homme de lettres
Jean-François Kierzkowski
Existe-t-il un environnement géographique propice à la création littéraire ?

Le dossier

L’éditeur assure un rôle déterminant dans l’accès au champ littéraire. Comme le souligne Bourdieu, l’éditeur « n’est pas seulement celui qui procure à l’oeuvre une valeur commerciale en la mettant en rapport avec un certain marché […] il est celui qui peut proclamer la valeur de l’auteur qu’il défend. » Mais l’écrivain est-il moins écrivain avant cette première consécration ? Comment l’écrivain – et son entourage – vit-il l’avant publication ? Le moment où il passe ses nuits et ses week-ends à écrire, sous le regard – amusé ? complaisant ? encourageant ? moqueur ? – de ses proches.

Quatorze auteurs reviennent sur cette période qui précède le premier contrat d’édition, quand il fallait assumer – socialement – le fait d’écrire alors qu’ils n’avaient encore rien publié.
Avec : Carole Fives, Constance Joly, Dominique Noguez, Éric Faye, François-Henri Désérable, Laurence Tardieu, Lisa Balavoine,
Maria Pourchet, Matthias Jambon-Puillet, Nicolas Fargues,
Nicolas Mathieu, Philippe Jaenada, Sylvain Pattieu, Sylvain Prudhomme.

La Panoplie littéraire

Tanguy Viel par Baudouin.

Entré en littérature en 1998, aux éditions de
Minuit, Tanguy Viel est l’auteur d’une dizaine de
livres, dont Article 353 du Code pénal, Grand Prix
RTL-Lire en 2017. Il nous a reçus chez lui, sur les
bords de Loire, un jour gris comme un mois de
novembre et s’est plié au jeu de la Panoplie
littéraire.
Pour nos lecteurs, il évoque son enfance, ses
figures tutélaires, ses amitiés formatrices, explore
sa bibliothèque, ouvre les tiroirs et revient sur
chacun de ses livres.

Créations

Quentin Desauw
Derrière les fagots
Nouvelle illustrée par Jean-Rémy Papleux

Clémence Michallon Daniels
Laissez-moi vous parler d’elle
Nouvelle illustrée par Elis Wilk

Wolcott Gibbs
L’auto-entrepreneur
Nouvelle traduite de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Brument
Et illustrée par Maya Brudieux

Arnaud Modat
Les limites de la philosophie chinoise
Nouvelle illustrée par Floriane Ricard

Thomas Vinau
Ternaire pépère
Nouvelles en 3 lignes illustrées par Émilie Alenda

LES SALONS DU LIVRE

Après avoir passé plusieurs heures dans des salons du livre, Maria Pourchet revient pour vous sur les sept états de l’auteur en salon (fondés sur des faits réels). Récit.

Au départ « il n’y a pas de défaites possibles », tu te « satisfais d’illusions comme un héros », au départ tu as « fait des plans si larges qu’ils occupent tout l’espace de la réalité ». C’est du Jean Giono  et ça veut dire que tu as décidé d’écrire un livre et que tu t’exécutes. Ensuite, il y a la sortie de l’ouvrage, puis la réalité en face, dite encore « boucherie de la rentrée littéraire ». Ensuite, juste entre le spectre de la pharmacodépendance et l’éventualité d’arrêter d’écrire, entre octobre et mai, il y a les signatures. Les salons. Tout partout en France. Alors qu’est-ce ? S’agit-il d’un exercice qui te permettra de te
rendre en ces « terres inconnues où seule vous emmène la pratique acharnée de votre art » dont parle George Sand 2 qu’il ne fallait pas lire au premier degré, mais trop tard ? Non. Il sera question ici de Saint-Dié-des-Vosges, du Pas-de-Calais (en hiver), du parc de la Villette, de la porte de Versailles et d’un feutre. Journal d’un corps en sept états.

L’état de candeur
« Allez à la rencontre de vos lecteurs, allez. » Je ne sais pas d’où sort cette injonction, je dois à la vérité que personne ne me l’a donnée, mon éditeur n’étant pas un sadique. Un certain relent évangélique dans la prescription m’en laisse supposer l’origine : j’ai dû entendre un truc dans ce goût-là au catéchisme, jadis, et je l’ai déformé. En tout cas j’y réponds, ardemment. Je me trouve à mon premier salon, dûment badgée, écrivain-tronc émergeant d’une pile de trente exemplaires – qu’on pourra recompter dans une heure, ce sera toujours trente. Tandis que le chaland assaille Morgan Sportès, je suis assaillie de pulsions contraires. Pulsion A, rentrer à la maison, pulsion B, plus égotique, relire un des 30 exemplaires devant moi. Préférant l’option B, je trouve des fautes de frappe que je refuse de
m’imputer, c’est déjà assez dur comme ça. L’auteur à ma gauche, signant à tour de bras, suspend son vol afin de savoir si je me parfume au jasmin. Ça le trouble et je lui rappelle quelqu’un. Retour à la pulsion A, dare-dare, le temps de récupérer mon sac, d’arracher mon badge. Mais voici, qu’au pas de charge, arrive le libraire qui a raqué pour le stand et qui a sûrement, lui, des gosses à nourrir. Hop hop hop qu’il me fait, la pile ne va pas descendre toute seule. Ah bon? Encore une chose que j’ignorais. George Sand n’en parlait pas.
Sentiment d’être installée derrière une cagette de melons à Rungis, sentiment affligé que je partage avec mon voisin de gauche. Autant faire connaissance et puis il a l’air de savoir comment s’y prendre pour écouler ses melons. Le voisin de gauche fait dans le roman historique et s’avoue, par ailleurs, sourd de l’oreille droite. Celle du côté où je me trouve, si vous suivez. S’engage une conversation à 150 décibels sur le thème du marketing littéraire, toute la rangée
pouvant profiter de sa portée pédagogique. D’après le romancier historique, un bon livre doit comporter un certain nombre de fellations. Aussi écrit-il sur l’histoire des rois de France, c’est plus facile à caser. Pourquoi donc ? approfondit Candide (vous m’aurez reconnue). C’est simple : vous avisez le visiteur, vous l’alpaguez – qu’importe la manière, simple apostrophe ou préhension de la manche. Avec l’autorité que confère le statut d’écrivain, vous l’obligez à lire un échantillon de votre prose, choisissant opportunément la page relatant ladite fellation, et toc. Candide restant sceptique, démonstration s’ensuit. Triomphe de la théorie : un visiteur qui n’avait rien demandé repart en deux temps trois mouvements vers la caisse avec Petites Affaires des derniers Valois. Voilà, ponctue l’auteur historique, c’est comme ça que ça marche, prenez Michel Houellebecq, pensiez-vous que c’était par hasard ? Du cul toutes les dix pages. Je tente de défendre la portée de l’oeuvre michelesque qui n’a pas besoin de moi pour ça, je sais, mais j’ai du temps. J’ai décidé de rester. Le libraire patrouille, j’ai l’impression que si je me sauve, ça va sonner comme à l’époque où je fauchais du mascara au Prisunic 3. Mais le romancier historique se fout de ce que je pense de Houellebecq, il vend. « Celui-là c’est sur les Plantagenêt avec les histoires de fesses d’Aliénor, comme si vous y étiez », dit-il à une dame sur le ton de C’est un épluche-légumes qui permet aussi d’ouvrir les huîtres. Après quoi, voyant mon naufrage, il me donne des conseils d’aîné : mets-toi debout, souris un peu,
t’habille pas comme ça, on voit même pas vos seins. J’ai dit que moi, montrer mes seins pour 10 %, bof. Ça l’a laissé pensif. Il m’a dit, tu sais votre problème, c’est que vous n’êtes pas assez rentre-dedans. Il l’avait deviné tout de suite que je ne l’étais pas, rentre-dedans. Au flair. À cause du jasmin.

À ma droite, se trouve une poète qui ne montre pas ses seins non plus et qui a beaucoup d’humour. Il en faut. Son éditeur est en faillite, elle vient en montrer les vestiges, avant le pilon, pour le sport : une fort belle édition, un papier magnifique beaucoup trop épais pour que le coût d’exploitation du livre puisse être atteint un jour, c’est sûr. La poète est restée là, à l’état contemplatif et rieur 4 toute la journée, sans rien signer du tout. On a bavardé de Francis Ponge à propos de qui je ne savais rien, et dans l’ensemble je suis repartie moins ignorante que je n’étais entrée.

L’état thérapeute (ou état d’otage)
Quelqu’un cherche quelqu’un à qui parler, car nous en sommes tous là. Il va le chercher dans un endroit où la concentration en gens est importante, au hasard un salon du livre. Là, il arrête son choix sur vous qui n’avez pas l’air occupée. Ce quelqu’un vous parle alors de lui. Très longuement et très en détail, puis s’en va, en vous précisant que tout ça, c’est cadeau : vous avez le droit de le mettre dans un de vos romans. Qu’il n’achètera d’ailleurs pas, la lecture, ça le déprime. Il repassera demain si vous êtes encore sur votre stand. Il a apprécié votre qualité d’écoute.

L’état de honte
Un lecteur repasse dans l’après-midi vous faire corriger une grosse faute dans la dédicace que vous lui avez faite le matin, pas très réveillée. Une faute d’accord, de cette envergure, sous la Blanche, ça l’embête. Eussiez-vous été publiée ailleurs que c’eût été tolérable, vous dit-il au conditionnel passé, que sûrement il sait écrire aussi bien que prononcer. Vous laissant au passage mesurer la persistante valeur du sigle NRF dans l’imaginaire collectif. C’est cool. Mieux vaut du capital symbolique que rien. Bref, il préférerait un pâté plutôt qu’une faute, si vous voulez bien.
Il s’agit d’un lecteur que j’ai gardé. Il est revenu pour le deuxième en précisant qu’il avait emporté du Typex, des fois que. J’aime bien les gens. Je n’ai pas l’air comme ça, mais si.

L’état de guichet de renseignement
(de loin, le pire)
Une visiteuse à son compagnon, comme si vous étiez transparente: «Regarde chéri, c’est les livres jaunes comme Le Hérisson, c’est ceux-là dont je te parlais ». Puis à vous : « Ça marche bien ? Vous en vendez combien ? Par exemple ce mois-ci ? » Attention, crypté. Comprendre : y’a un business model ou pas ? Parce que j’ai personnellement un journal que je me propose de faire connaître au monde et des projets immobiliers. Vous répondez que ça marche du tonnerre de Dieu, pour vous l’entendre dire une fois, ça fait du bien par où ça passe. La visiteuse veut alors votre numéro de téléphone. Attention crypté. Comprendre : le jour où j’ai besoin de contacter votre éditeur, je passe par vous. Mais le 06, c’est comme le reste. ça ne se refourgue pas au premier venu pour, j’insiste, 10 %. Et vous le dites en ces termes, limite polie. Parce que vous n’en pouvez plus, la ventilation du salon vous apporte des effluves de transpiration
et de viennoiseries qui vous rappellent la station Châtelet. Sur un mode nostalgique, c’est dire. « 10 % ? ! ? De combien ? De 16,90 euros !! Mais pourquoi vous le faites ?? » s’émeut alors, à juste titre, la visiteuse. Sur quoi, accablée, vous rentrez au Campanile, méditer sur la condition littéraire, en vous disant que la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas tout à fait la vôtre. Vous pouvez encore réfléchir. Vous pourriez faire des crêpes à la place. Le prix de revient est très intéressant sur la crêpe, rapport au faible coût des matières premières.

L’état de conscience
État méditatif qu’on vient à éprouver en fin de salon, en écoutant se plaindre les différents acteurs de la chaîne du livre présents sur place. Auteur qui se plaint de son éditeur, libraire qui se plaint du commercial de crainte que vous lui mettiez vos méventes sur le dos, libraire qui se plaint de l’auteur qui est parti boire des coups au lieu de signer, commercial qui se plaint des quatrièmes de couverture, lecteur qui se plaint que Monsieur Echenoz ne soit pas venu comme promis mais pour qui se prennent ces gens. Vous concevez alors, enfin, le sens profond de « chaîne du livre ». Une chaîne de responsabilités à l’ouverture et au terme de laquelle, il n’y a qu’un seul coupable : vous, l’auteur. Qu’après tout, personne n’a forcé à écrire, alors ta gueule.

L’état de sélectionné
(de loin, le meilleur)
Ma formation s’est poursuivie récemment avec un type de salon particulier : le salon doté d’un prix lui-même doté d’un chèque. En l’espèce, le prix du jeune romancier. Ou du débutant. Je ne sais plus exactement mais c’était en rapport avec la jeunesse et l’espoir. Vous aviez reçu une première invitation à Machin-sur- Mer et comme c’était en novembre, et qu’à présent vous les voyiez venir, les invitations pièges, vous avez refusé. Vous avez alors reçu une seconde invitation. Plus subtile, signée d’un genre d’adjoint au maire : « Comment vous dire, il faut absolument que vous veniez, je ne saurais vous en dire plus mais votre absence serait très problématique. » En d’autres termes, termes dont l’expression directe relèverait du délit d’initié, vous le comprenez bien : le prix c’est pour vous. Ce week-end-là, vous avez un article à rendre avant-hier, votre mère est mourante comme d’habitude, c’est l’anniversaire d’un ami fidèle mais vous y allez, à Machin-sur-Mer. C’est votre heure ou ça ne l’est pas. Vous ralliez votre salon, un peu pomponnée, il s’agit tout de même de monter sur une estrade. Un peu plus, vous faisiez péter la jupe. Vous découvrez sur place trois autres jeunes romanciers, respectivement Stock, Intervalles, L’Arpenteur. Vous leur trouvez un air étrangement vainqueur dans la mesure où le lauréat, c’est vous. Débarque un quatrième jeune romancier, Gallimard de janvier, connu pour avoir raflé des prix académiques toute l’année, dont le tour est fini et qui doit être là pour décorer, tout comme Yann Moix. Vous êtes très sympa avec eux envisageant la haine que vous n’allez pas manquer de leur inspirer avec votre succès balnéaire, les pauvres. Et vous leur rappelez, l’air de rien et à titre préventif, que l’essentiel c’est « d’aller à la rencontre du lecteur», n’est-ce pas. Arrive votre moment. L’adjointe au maire est en tenue de Nouvel An. Vous craignez de ne pas en avoir fait assez. Les nommés sont (j’ai bien peur d’avoir entendu « les nominés » mais je préfère ne pas en rajouter) Stock, L’Arpenteur, Intervalles, Gallimard septembre, Gallimard janvier, s’enthousiasme l’adjointe qui précise que l’heureux lauréat se verra offrir en outre un parapluie de golf. Bleu marine, brodé. Comme ceci. Abrégeons. Le prix est allé à Gallimard janvier, celui qui raflait déjà tout depuis l’Épiphanie. L’adjointe au maire lui a claqué la bise qui tache, fière de lui comme si elle l’avait fait. Et comme il avait déjà un cachemire et des godasses tellement cirées que j’aurais pu me remaquiller dedans si nécessaire (mais j’avais déjà forcé, rapport aux sunlights), avec son parapluie bleu marine et son chèque net d’impôt, il a posé un problème de classe à tout le monde. Son livre étant plutôt très bon, pour ne rien arranger 5. Gallimard janvier était lui-même vaguement gêné avec sa trace de rouge Chanel et son pépin qu’il ne savait pas comment tenir, ça se voyait. Au déjeuner « offert par le comité », Stock, L’Arpenteur, Intervalles et moi-même n’avons pas mangé avec lui, on a été salauds. En France, on n’aime pas les cumulards. C’est comme ça.
Avec le recul, ce salon fut mon préféré. Bernard Pivot était des nôtres, façon de parler. Il faisait converger absolument tout le public présent, celui qu’il partage avec Antenne 2, France 2 pardon. La file se déployait, si sage et révérente devant le Roi Lire des années 80 que ça donnait envie de chanter La Marseillaise (ou du Michel Sardou) et que ça bloquait la sortie. Il en venait de partout, faire dédicacer Les Tweets sont des chats, Albin Michel, 2013. Je me suis approchée de la file pour voir ce qu’avaient acheté ces gens, sûrement des ouvrages à propos des réseaux sociaux. Mais c’était essentiellement des livres sur les chats. Ils pensaient simplement en acheter un autre avec Les Tweets sont des chats. Qui ne parle pas vraiment de chats, donc. Parfois la portée métaphorique d’un titre passe au-dessus du lectorat, ça m’est arrivé avec mon dernier qui a été pris pour un guide touristique sur l’Italie.
La confusion pouvant payer parfois. Bernard Pivot (mes hommages) qui connaît bien sa France aurait précisément compté là-dessus que je ne serais pas étonnée. À la fin de la journée, les jeunes auteurs et moi-même sommes allés saluer Monsieur Pivot parce qu’un jeune auteur fait toujours ça, on n’est pas non plus des francs-tireurs. On a repris le train.

À la gare, on a retrouvé le multi-primé. Il a eu l’élégance de le faire oublier en quelques phrases bienveillantes et en portant ma valise. Il ne m’en faut guère plus pour m’attendrir, c’est là une faille de ma personnalité. Le chemin fut des plus agréables, la compagnie fort urbaine et même charmante, comme on dit dans la littérature de voyage du xviiie siècle, quand on se déplaçait en calèche. Dans le wagon presque vide on a échangé des vues bien senties sur la littérature. Comment c’était vain, comment on s’en foutait, comment on avait sûrement mieux à faire, comment on ne voyait pas quoi en même temps. Une dame nous a interrompus en nous disant qu’elle n’écoutait pas nos conversations, mais qu’elle n’avait pas pu s’empêcher d’entendre. Elle venait de se lancer comme agent littéraire, et comme on était beaux – je cite – qu’on était jeunes (je pense qu’on sentait aussi un peu le sable chaud), eh bien c’était quand on voulait. Carte de visite, Book Antiqua corps 10, tramée, avec un lever de soleil. Elle est repartie après un compliment sincère sur le parapluie. On s’est dit que s’il y avait des nanas pour remonter les wagons de seconde classe, montés sur des escarpins de douze centimètres, entre le Pas-de-Calais et Montparnasse pour trouver des écrivains à représenter, c’est que tout allait bien.

L’état numérique
J’aurais dû en rester là. J’aurais dû éviter le Salon du livre, le vrai, celui du parc des expositions, celui de la capitale, qui se différencie des autres par la présence des chaînes de télévision et des CRS. Mais comme j’avais bien aimé le Salon de l’agriculture, je me suis dit pourquoi pas. Il y aura peut-être du pâté et des animaux sympathiques. J’aurais pu éviter l’ultime « rencontre avec le lecteur ». Mais au départ, c’était beau comme une promesse : une lectrice, une vraie, arrivant avec un exemplaire tout taché de mon premier livre (l’émotion, le livre qui a été lu, voire relu, qui n’a pas été revendu sur Price Minister avec la mention « Rare. Dédicacé par l’auteur lui-même, à saisir, 10 euros »). Elle m’a dit qu’elle avait adoré mon premier roman qu’il était – ici suite d’adjectifs dithyrambiques que mon humilité de principe m’interdit de reproduire mais dont je me délecte en cachette. « Vraiment j’ai adoré, a-t-elle répété, une découverte, je suis venue exprès vous le dire. En revanche, je ne vais pas vous prendre le deuxième, j’ai lu sur le blog Les lectures de Nath.59 que c’était nul, bonne continuation. »

ARTICLE PARU DANS LE NUMÉRO 50,
ILLUSTRATION ÉMILIE ALENDA


Maria Pourchet
Née en 1980. Vit et travaille à Paris. Lit aussi des livres et regarde des séries. Écrit aussi pour le cinéma.
Dernier livre paru : Toutes les femmes sauf une, Fayard « Pauvert », 2018.

Numéro 57

Le Journal littéraire
Vincent Delecroix
Un journal à lire avant la fin du monde
Regards
#1 Philippe Forest
Des conseils aux auteurs qui voudraient écrire sur des peintres
#2 Olivier Bessard-Banquy
Une brève étude historico-comparative de l’édition
L’Interview imaginaire
Henry Miller
Une conversation détonante avec Henry Miller
Et moi, je vous en pose des questions ?
François-Henri Désérable
Tout savoir sur l’auteur en moins d’une minute, montre en main
Pour remonter le moral de l’auteur
Iegor Gran
Quelques conseils pour ne pas sombrer dans la neurasthénie
Notes de bas de page & poils de chèvre
Arthur Devriendt
La chronique sens dessus dessous
Posture (et imposture) de l’homme de lettres
Jean-François Kierzkowski
Quand les auteurs s’engagent…
La Pause
Alban Perinet et Jean-Baptiste Gendarme

La thématique
« Ces livres qu’on ne lit pas »
Intéressons-nous aux livres que les écrivains ne lisent pas mais qu’on trouve quand même dans leurs rayonnages. Comment sont-ils arrivés là ? Cadeaux ? Achats compulsifs ? Promesse d’une lecture prochaine ? Et pourquoi les gardent-ils ?
Avec : Agnès Mathieu-Daudé, Alice Zeniter, Grégoire Polet,
Julia Kerninon, Lydie Salvayre, Maria Pourchet, Pierric Bailly,
Thomas Vinau, Valentin Retz…

La Panoplie Littéraire
Carte blanche à Jean-Philippe Toussaint

Création
Sara-Ànanda Fleury
Néon Bible
Nouvelle illustrée par Floriane Ricard
Steve Tesich
Mariage en dilettante
Nouvelle traduite de l’anglais (États-Unis) par Yoko Lacour
et illustrée par Elis Wilk
David Thomas
Mondialisation et autres textes
Microfictions illustrées par Maya Brudieux

LE NUMÉRO 54

CHRONIQUES
Le Journal littéraire 

Lise Charles 

Retour sur la genèse de son dernier livre Comme Ulysse (P.O.L., 2015)
Regards #1
Arthur Pauly
Récit du jeune homme qui voulait s’asseoir au fauteuil numéro 2 de l’Académie française
Regards #2

Julien Blanc-Gras 

« La descente de Ménilmontant » racontée de l’intérieur
Regards #3
Patrick Autréaux 

Une analogie entre les perches du Nil et l’industrie du livre
Notes de bas de page & poils de chèvre

Arthur Devriendt
Comment reconnaître un bouddhiste près de chez vous ?
L’Interview imaginaire

William Faulkner

Une conversation inédite et exceptionnelle avec un prix Nobel de littérature
La Pause
Alban Perinet et Jean-Baptiste Gendarme 
La meilleure façon de faire lire un livre, c’est d’en parler
À vos idoles
Alice Zeniter
Une lettre pour Sherlock Holmes 
Postures (et impostures) de l’homme de lettres

Jean-François Kierzkowski

La Compagne de l’écrivain
Et moi je vous en pose des questions ?
Pierre Chazal
Tout savoir sur l’auteur en moins de soixante secondes
 
THÉMATIQUE
Le jour où je n’ai rien foutu
Onze écrivains reviennent sur ce jour sacré où leur livre à été béni par un éditeur
Avec :
François Bégaudeau
Frédérique Clémençon
Arthur Dreyfus,
Nicolas Fargues
Iegor Gran
Serge Joncour
Héléna Marienské,

Romain Monnery
Dominique Noguez

Maria Pourchet

Carole Zalberg.

 

LA PANOPLIE LITTÉRAIRE
Jérôme Ferrari

Depuis l’Île de Beauté, Jérôme Ferrari, auteur discret et rare, revient sur chacun de ses livres, évoque les romans des autres et nous plonge dans son univers pour nous parler de son métier d’écrivain.
 

 « Entre 2001 et 2015, j’ai vécu dans cinq villes différentes : Porto-Vecchio, Alger, Ajaccio, Abu Dhabi et Paris, avant de revenir à Ajaccio. Je suis retourné très régulièrement dans ma maison de Fozzano et j’ai voyagé dans de très nombreux pays, surtout dans le monde arabe. J’ai donc écrit mes romans là où je me trouvais. Mes livres sont la seule chose dont j’ai vraiment besoin pour me sentir chez moi. Le reste ne m’importe pas. Je n’ai jamais eu besoin de rituels, pas même de calme. Je pourrais dire que mon rapport à l’écriture n’a rien de religieux. Le terme même d’écrivain me paraît dépourvu de signification et n’a jamais suscité de fantasmes ontologiques – je n’ai jamais rêvé d’ « être un écrivain », seulement d’écrire des romans. Et quand je n’ai pas de roman à écrire, je n’écris rien. Je ne peux me consacrer réellement qu’à un projet précis. Encore faut-il que j’aie eu le temps de l’élaborer. Avant de commencer un texte, je dois savoir où je vais. Il ne s’agit pas de composer un plan ou de quoi que ce soit de scolaire mais plutôt d’établir un dispositif littéraire dans lequel les différents fils narratifs sont convenablement agencés. Élaborer ce dispositif me prend souvent plusieurs mois au terme desquels je peux enfin commencer à écrire. Je m’y consacre alors de manière presque obsessionnelle, quel que soit l’endroit où je me trouve. Je n’ai donc aucun bureau à montrer, aucune pièce privilégiée, aucun objet fétiche. Je peux seulement évoquer les lieux, les livres et les êtres humains sans lesquels, je le crains, je n’aurais jamais pu écrire quoi que ce soit. » Jérome Ferrari

CRÉATIONS
Des nouvelles illustrées et cent pour cent inédites.
Vincent Wackenheim
Thomas Vinau
Steve Tesich
Arnaud Modat
Guillaume Tavard